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Droit de la famille

Mon conjoint refuse de divorcer : que faire ?

Par Me Julie Monneyron, avocate au Barreau de Nantes·Publié le 11 août 2026·4 min de lecture

Vous avez pris votre décision : vous voulez divorcer. Mais votre conjoint.e, lui, refuse : il/ elle ne veut pas en parler, espère que le temps vous fera changer d’avis, ou n’est tout simplement pas prêt.

Cette situation est angoissante, et vous vous demandez : peut-on rester marié malgré soi ?

La réponse est non. En droit français, personne ne peut être contraint de rester marié contre sa volonté.

Le refus de votre conjoint ferme seulement la porte du divorce à l’amiable, une porte qui peut d’ailleurs se rouvrir plus tard, en cours de procédure.

Pourquoi le divorce à l’amiable n’est plus possible

Le divorce par consentement mutuel repose sur un principe simple : les deux époux doivent être d’accord, pas seulement sur le principe du divorce, mais aussi sur toutes ses conséquences (partage des biens, sort du logement, garde des enfants, pension alimentaire…). Il suffit qu’un seul désaccord subsiste pour que cette voie devienne impossible.

Mais ce n’est qu’une porte d’entrée parmi d’autres vers le divorce. Il y a donc d’autres solutions si votre époux ou épouse ne veut pas divorcer.

Les solutions quand le dialogue est rompu

Quand l’amiable n’est plus envisageable, le divorce devient judiciaire : c’est le juge aux affaires familiales qui tranche, sans que l’accord de l’autre soit nécessaire. Trois fondements juridiques permettent d’agir.

Le divorce accepté

Votre conjoint peut accepter le principe de la séparation sans être d’accord avec vous sur les modalités. Dans ce cas, le juge est saisi pour trancher les points de désaccord (patrimoine, enfants, finances etc) tandis que le principe même de la rupture n’est plus débattu. C’est souvent la voie la plus rapide et la plus apaisée parmi les procédures judiciaires.

Le divorce pour altération définitive du lien conjugal

C’est la voie la plus utilisée lorsqu’un conjoint refuse purement et simplement de divorcer. Elle repose sur un critère objectif : une séparation et une fin de cohabitation d’au moins un an au moment où le juge rend le jugement de divorce. Pas besoin de prouver une faute, ni d’obtenir l’accord de l’autre : il suffit de démontrer que la vie commune a cessé depuis ce délai.

Le divorce pour faute

Si des manquements graves ou répétés aux obligations du mariage sont caractérisés (violences, adultère, abandon du domicile…), il est possible d’engager un divorce pour faute. Cette voie est souvent plus conflictuelle, mais elle peut être justifiée selon votre situation.

Il n’est pas nécessaire de choisir le fondement du divorce dès le départ : vous pouvez engager la procédure, puis, avec votre avocat, affiner votre stratégie selon l’évolution de la situation.

L’intérêt, quand votre conjoint refuse de divorcer ou cherche à faire traîner les choses, c’est qu’une fois la procédure judiciaire engagée, un calendrier est fixé et les choses avancent, sans être bloquées par l’inertie ou le désaccord de l’autre.

Comment se déroule la procédure concrètement

Le divorce judiciaire commence par une assignation en divorce, un acte rédigé par votre avocat et remis à votre conjoint par un commissaire de justice. Ce document ouvre la procédure devant le juge aux affaires familiales, qui peut, dès le début, être saisi pour fixer des mesures provisoires : résidence des enfants, pension alimentaire, jouissance du logement, le temps que la procédure suive son cours.

Contrairement à une idée reçue, votre conjoint ne peut pas bloquer indéfiniment la situation en refusant de répondre ou de se présenter. La procédure avance avec ou sans sa participation, et le juge tranchera.

Quelques conseils pratiques

Avant d’engager une procédure judiciaire, il est souvent utile de tenter, une dernière fois, un échange apaisé, éventuellement avec l’aide de vos avocats ou d’une médiation familiale : certains refus viennent moins d’une opposition au divorce lui-même que de la peur de ses conséquences, notamment pour les enfants ou sur le plan financier. Un dialogue encadré permet parfois de rouvrir la voie amiable.

Si le blocage persiste, ne laissez pas la situation s’installer par crainte du conflit. Plus une séparation de fait se prolonge sans cadre juridique, plus les questions patrimoniales et parentales peuvent devenir difficiles à régler.

En tout état de cause, le refus de votre conjoint peut retarder la procédure, il ne peut pas l’empêcher.

Me Julie Monneyron, avocate au Barreau de Nantes

Me Julie Monneyron

Avocate au Barreau de Nantes, elle consacre son activité au droit de la famille : divorce, garde d’enfants, adoption et filiation, état civil et protection des victimes de violences. En savoir plus sur le cabinet.

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Article publié le 11 août 2026. Cet article présente une information générale et ne constitue pas un conseil juridique personnalisé.